À vrai dire, je n’avais pas prévu de vous entretenir de ce sujet ce matin. Je pensais que tout le monde se fichait de la nouvelle Ferrari électrique jusqu’à ce que je reçoive une vidéo envoyée par un ami avec qui j’ai travaillé pendant dix ans. Or depuis le premier jour de notre collaboration, ce camarade m’affirma avec une constance rare son désintérêt absolu et profond pour tous les objets automobiles. Une opinion que j’ai toujours respecté, sans même la déplorer tant elle est acceptable. Aussi le fait qu’il ait vu ce document m’a démontré à quel point ce sujet dépassait largement le cercle des amateurs et autres fanatiques de bolides transalpins. On y voit un ancien patron de la marque au cheval cabré dézinguer le nouveau modèle avec une application et une élégance au moins aussi grande que celle de son allure de vieil aristocrate italien. Mais qu’est-ce qui vaut tant de haine et de même à cette pauvre voiture ? Oui je sais, l’expression s’applique mal à un machin vendu un demi-million d’euros avant option mais ce n’est pas une raison pour lui cracher dessus. C’est probablement son apparence banale plus que le silence de son moteur qui choque. Ce que Luca di Montezemolo, le flamboyant patron dont il est question résume d’un trait cruel : « Celle-ci au moins, les Chinois ne la copieront pas ». On ne peut pas dire mieux. D’ailleurs cela n’en vaut pas la peine. Car pas plus que 100 % des auteurs des posts publiés sur ce thème, je n’ai les moyens d’en acquérir une. Les quelques milliers de super riches susceptibles de craquer le feront-ils ? Personne n’en sait rien à part eux, et encore. Et même si le cours de Bourse a été chahuté par ce coup de vent négatif, l’important n’est pas là. Car ce texte, comme tout ce qui a été publié à ce sujet, n’est autre qu’une pub pour cette marque qui n’en n’a jamais fait. Enzo Ferrari fabriquait des voitures de route pour financer les autos de course avant que celles-ci ne fassent à leur tour, la promotion des modèles de série. Aujourd’hui ce sont les internautes qui en sont les meilleurs agents. J’ai appris ce matin qu’une entreprise française avait conçu un système de reconnaissance de l’âge par l’analyse des mouvements de la main sur le clavier. Pratique, anonyme et – selon elle – infaillible. Appliqué au sujet du jour, on découvrirait peut-être que la majorité des contempteurs de la Luce – c’est le nom de l’objet du déni – n’a pas l’âge de conduire. Mais déjà celui de nuire.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.