Je n’ai pas envie d’être ultra riche. Je me doute que cette déclaration peut être choquante, voire décevante aux yeux de certains, mais je l’assume pleinement. Et si je prends cette position, c’est qu’il apparaît après mûre réflexion, que passé un certain seuil, plus la fortune augmente, moins le cerveau fonctionne correctement. Certes, il ne s’agit là que d’une théorie qui n’en est pas au stade de la publication dans une revue scientifique. Néanmoins de nombreux indices tendent à valider cette piste. Cependant je glisserai rapidement sur le soutien affiché par l’insupportable M. Musk à une candidate à l’élection présidentielle française par ailleurs maintes fois condamnée par la justice de son pays. Le comportement particulièrement erratique de ce garçon que certains tiennent pour un génie alors qu’il me semble surtout être un mégalomane sans scrupule, autorise à le classer à part dans l’échantillon de référence. C’est en réalité une vidéo découverte pendant le pic caniculaire qui m’a soudain éclairé. On y expliquait que la dernière mode chez les gens ayant des moyens illimités était de se faire construire des igloos d’intérieur. Selon le New York Times qui est à l’origine de cette révélation, ces « snow rooms » sont fabriqués par une société italienne spécialisée dans les canons à neige. Histoire de diversifier son activité, elle s’est associée à un fabriquant de spa pour créer des saunas inversés. Ainsi quelques opulents imbéciles peuvent-ils s’ébattre dans des décors hivernaux par 10 degrés en dessous de zéro, dans lesquels il est possible de déclencher des tempêtes de neige, histoire de pimenter l’expérience. Mais alors que je devine les yeux qui se lèvent au ciel et perçois le souffle des soupirs affligés face à l’ineptie de ces loisirs égoïstes, mes sources m’informent que la consommation hebdomadaire en eau de ces dispositifs serait inférieure à celle d’un pauvre quidam qui se doucherait tous les jours de la semaine. Il n’est en revanche rien dit de l’électricité nécessaire au déclenchement de blizzards artificiels qui ne doivent rien envier en ce domaine à l’intelligence du même bois. Parmi les propriétaires de ces frigos fous figurerait le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, qui l’aurait installé sur son bateau ce qui est une sage précaution, étant donné l’instabilité de la région. Peut-être pourrait-il l’envoyer dans le détroit d’Ormuz où les esprits ne cessent de s’échauffer. À moins qu’il ne faille au contraire utiliser un brise-glace. Ou un casse-tête.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.