J’espère que je ne vous surprendrai pas en vous affirmant que je n’ai que fort peu de points communs avec Vladimir Poutine. Et encore moins d’atomes crochus, si je puis employer cette expression avec ce dangereux personnage. Pourtant il est une chose qui nous rapproche, au moins temporairement : notre auto-réclusion. Lui comme moi vivons sans sortir de chez nous, il est vrai pour des raisons et dans des conditions différentes. Selon plusieurs médias de référence s’appuyant sur des rapports de services secrets, le quasi-Tsar ne sortirait plus qu’exceptionnellement de ses bunkers souterrains, par crainte d’attaques de drones, de complots internes et autres trahisons césariennes. Eh bien c’est presque pareil pour moi quoique pour des raisons différentes. Depuis le début de la semaine, je ne pointe mon nez hors des murs de mon domicile que par nécessité absolue. Certes, ma maison ne dispose pas de blindage à l’épreuve des missiles, mais il se trouve que, de par sa localisation et sa construction, elle résiste relativement bien à la chaleur. Nul besoin de ventilateur et encore moins de climatiseur, quelques précautions, telle que la fermeture des volets pour se protéger des ardeurs solaires, suffisent à rendre acceptable la situation thermométrique. Mes obligations sociales et professionnelles étant des plus limitées, ma vie intérieure étant tout à fait riche – presque trop — et le risque de complot nul, je m’accommode fort bien de ces conditions. Ainsi puis-je garder mon sang-froid ce qui n’est pas le cas de tout le monde ces jours-ci. J’ai en effet appris avec stupéfaction que les journalistes et les spécialistes du climat qui se succèdent depuis quelques jours sur les antennes, se font insulter, voire menacer sur les réseaux sociaux. Certains vont jusqu’à accuser les chaînes de télévision d’exagérer le rouge des cartes météo pour les rendre plus inquiétantes. Il n’est certes pas nécessaire que les températures grimpent pour faire fondre les derniers neurones des neuneus mais il est profondément affligeant d’apprendre que certains scientifiques sont obligés de se barricader pour se protéger de cette vindicte criminelle. Bien sûr, comme toujours dans ce type d’attaques numériques, il faut faire la part entre les idiots et les bots. Les victimes de ces harcèlements soupçonnent d’ailleurs quelques fermes de hackers russes de participer à cette chasse à l’homme. Manquerait plus que la clim du Kremlin tombe en rade.

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Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.