C’est une requête que je ne formule pas souvent mais que j’adresse ce matin aux plus scrupuleux de mes lecteurs. S’il vous plaît, soyez tolérants. Oh, je sais que vos remarques à propos de mes petits écarts orthographiques ou grammaticaux sont toujours formulées avec délicatesse. Et je vous en remercie. Cependant il me faut vous avouer que je suis un peu en dessous de mon seuil de conscience ordinaire. Non que je sois malade des suites d’un récent coup de chaud, mais simplement parce que je n’ai pas beaucoup dormi avant de m’asseoir à mon bureau pour vous écrire. Comme vous pouvez vous en douter, l’équipe de France de football n’y est pour rien. C’est simplement la conséquence d’une longue soirée amicale dont les libations se sont prolongées fort tard. Le résultat est d’autant plus prévisible que pour une raison mystérieuse, je me réveille tous les jours à la même heure quelle que soit celle à laquelle je me couche. Ce qui n’est pas sans conséquences sur mon acuité intellectuelle déjà sujette à caution même après une bonne nuit de sommeil. Mais je suis aujourd’hui d’autant plus soucieux du niveau de mes écrits qu’un peu plus tôt dans la soirée, un autre de mes amis d’enfance m’avait appelé, entre autres pour me signaler qu’il avait appris le mot céruléen en lisant l’une de mes chroniques cannoises. J’aurais pu me gargariser en étalant mon immense culture mais il m’a semblé plus juste d’avouer que je l’avais moi-même découvert à la suite d’une recherche sur internet. Pour ceux qui ne le savent pas il s’agit d’un synonyme de bleu ciel et n’a par conséquent aucun rapport avec l’encombrement du conduit auditif comme sa consonance pourrait le laisser penser. L’emploi de cet adjectif peu commun et pour tout dire un peu pédant, est simplement dû à la volonté d’éviter de me répéter, un souci constant dans l’écriture de ces textes. Ainsi n’ai-je jusqu’à présent employé le terme de « fatigue » alors que j’aurais pourtant pu l’utiliser maintes fois. Pour qualifier ma présente condition physique et cérébrale autant que pour préciser mon état d’esprit à l’écoute radiophonique des conséquences de la récente canicule. Une litanie de récriminations qui n’a d’égal que la gourmandise avec laquelle on prédit le prochain épisode. Appelez ça de la lassitude ou de l’inconscience, mais toute cette agitation me laisse assez froid.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.