Je m’étais promis de ne pas vous en parler. Pas le dernier jour avant les vacances. Un peu de décence quand même. Oui mais voilà, je ne peux pas me retenir. Depuis que j’ai appris l’existence de la cyclosporose, j’essaye de résister mais impossible de tenir plus longtemps. Pour ceux qui se seraient déjà éloignés de la rébarbative actualité quotidienne, il me paraît important de préciser que cette affection ne concerne en rien les coureurs du Tour de France. En ce moment elle touche plutôt le continent nord-américain sur lequel se développe un début d’épidémie de diarrhée explosive. Voilà, le mot est lâché. Vous comprenez maintenant mon manque de retenue et l’inélégance coupable de ce texte. Pourtant je n’avais aucune intention d’enfiler les jeux de mots comme d’autres les perles. En dépit du sujet qui prête à sourire – il n’est qu’à écouter les animateurs des Late shows US pour s’en convaincre -, l’affaire est sérieuse même si l’impact est limité sur le plan médical. Sur les quelques centaines de cas recensés dans plus de la moitié des États de l’Union, il n’y a aucun mort à déplorer. C’est dire qu’on est loin d’Ebola qui continue à se répandre à une vitesse inédite – et dans une grande indifférence – en République démocratique du Congo. Pourtant au-delà du compréhensible inconfort que suscite cette infection curable, elle est surtout une manifestation spectaculaire des symptômes qui touchent ce pays. Ainsi le désarroi des autorités médicales face à ce virus s’explique en partie par les coupes budgétaires imposées en vertu de croyances aussi absurdes qu’obscurantistes du ministre chargé du dossier. Mais voilà que je m’échauffe alors que l’atmosphère se rafraîchit enfin. Un emballement d’autant moins opportun que j’avais prévu de vous divertir au moyen de quelques légères bulles, avant de vous laisser profiter de vos vacances et moi des miennes. Soyez certains qu’en ce qui me concerne, cette coupure (que j’évalue à un mois environ) sera paresseuse. Ce en quoi je me conforme à mes compatriotes, lesquels sont 73 % à considérer qu’il est bénéfique d’avoir la flemme selon un sondage trouvé ce matin dans ma boîte mail. Et si, toujours d’après cette enquête, les 18-24 ans « assument davantage ces moments de pause que leurs aînés », que ces gamins soient assurés que s’ils me cherchent, ils auront face à eux un maître en la matière. Pas de quoi s’exploser pour autant.

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Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.