Depuis que nous nous fréquentons, vous vous êtes certainement aperçu que je suis assez partageur. Spécialement de mon humeur. Aussi ne puis-je résister au plaisir de vous faire part de l’excellente qualité de celle-ci au lendemain d’un week-end assez formidable. Comme nous tous, j’ai appris la bonne nouvelle selon laquelle une guerre stérile, inutile et coûteuse devait, si tout va bien, prendre fin vendredi prochain. Je m’en réjouis naturellement. Et pas seulement parce que je pourrai « partir en vacances avec un litre d’essence à moins de deux euros », comme un journaliste radio le répétait tel un mantra ce matin. Simplement parce que le retour à la paix est le plus noble objectif que l’homme puisse atteindre. Cependant, contrairement aux marchés toujours prompts à s’emballer, j’attends la fin de la semaine avec circonspection. Enzo Ferrari avait dit-on coutume de dire que pour gagner une course il fallait d’abord la terminer, ce qui faisait de lui un meilleur ingénieur que philosophe. Les voitures portant son nom n’ont pas vaincu aux 24 heures du Mans ce dimanche, mais l’une d’entre elles a triomphé au Grand Prix d’Espagne de Formule 1. Deux événements qui ont contribué à ma présente félicité. Non que la défaite du Cheval cabré dans la plus longue course du monde m’ait particulièrement réjoui mais du simple fait d’avoir assisté à la première journée de cette épreuve du bord de la piste. Je m’y rends presque tous les ans et ressens à chaque fois cette même agréable sensation que l’on éprouve enfant, en retrouvant une maison de vacances. Le plaisir était d’autant plus grand cette année que j’ai fait découvrir ce monument à mon épouse et que cela ne lui a pas déplu. Ce qui m’a plu. Puis, c’est dans mon salon que j’ai vu l’émotion de Lewis Hamilton accueillant sa 106ème victoire comme si c’était la première. Un de ces moments que procure le sport dont je suppose que des gens autrement qualifiés et subtils que moi ont depuis longtemps établi qu’il avait un effet anesthésiant sur la perception des malheurs du monde. D’autres semblent l’avoir moins bien compris. Selon certains analystes cités par la presse internationale, la précipitation de l’accord avec l’Iran s’expliquerait – en partie — par l’échec populaire du tournoi de MMA organisé devant la Maison Blanche. Je suis dubitatif. Mais si des combats sauvages contribuent à mettre fin à une inutile boucherie, cela valait peut-être le coup de saccager un carré de pelouse. Et pour ça, je m’y connais.

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Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.