Je n’aurais jamais pu faire un travail de bureau. Ce n’est pas moi qui le dit mais un jeune homme, apparemment sportif, dont j’ai vu passer la vidéo au gré d’un furetage social. C’est loin d’être la première fois que j’entends ce genre de propos (quoique dans le cas présent, je me sois contenté de lire des sous-titres) dénigrant les professions assises. Je comprends que l’on puisse préférer courir dans un stade, grimper sur d’abruptes parois ou courir derrière un ballon, mais il n’y a aucune honte à devoir s’asseoir à une table pour gagner et occuper sa vie. Je l’ai fait pendant des dizaines d’années, et je continue, sans que cela ne m’affecte particulièrement. Certes, je n’ai probablement pas exercé le métier le plus banal ou même le plus répétitif. Au contraire, ce sont les surprises que pouvaient me procurer les rencontres qui m’ont motivé tout au long de ma carrière. Se réveiller sans savoir ce que sera son emploi du temps exact, avec la possibilité de faire de nouvelles connaissances, d’apprendre ou de découvrir est un stimulant presque aussi puissant que la drogue caféinée dont je vous entretenais hier. Et s’il se fait naturellement plus rare, j’ai encore ressenti ce petit frisson hier en recevant un message alors que je vous écrivais. Il était envoyé par le rédacteur en chef de The Media Leader qui me proposait de le rejoindre à l’heure du déjeuner dans un lieu prestigieux pour déguster la cuisine d’un grand chef et – surtout — participer à une rencontre professionnelle. Il s’agit d’une sorte de club ouvert à quelques membres qui leur permet notamment d’être invités à de tels événements au cours desquels des personnes qualifiées commentent l’actualité du secteur de la communication. Et devinez quoi ? Je me suis retrouvé, micro en main, à disserter sur les derniers Cannes Lions. Rien de très compliqué – d’autant que j’avais déjà fait l’exercice dans mon éditorial de dimanche dernier – et surtout un grand plaisir de retrouver cet exercice consistant à improviser en public. Une fois cet impromptu achevé, chacun s’en est allé vers ses occupations quotidiennes. La plupart des participants sont ainsi retournés au bureau. Quant à moi, c’est le canapé du salon qui m’attendait. Pour y buller, sommeiller et bouquiner. J’ai un corps taillé pour ça.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.