Alors comme ça, tout le monde s’en fiche ? Très bien, j’en prends note et ne m’en félicite guère. Mais que voulez-vous je n’y peux rien. Mais non, je ne parle pas du report à date ultérieure de la fin de la guerre en Iran qui est tout sauf une surprise. Et encore moins de la Coupe du monde de Football qui passionne toute la planète sauf quelques-uns, dont je suis. Non, c’est de ma moto dont il est question. Celle que j’ai mise en vente il y a quelques semaines dans l’indifférence générale. Que dis-je, abyssale. Des annonces postées sur les meilleures plateformes qui sont visitées par des millions particuliers et autres amateurs de bonnes affaires. Lesquels n’ont pas daigné manifester le plus infime intérêt pour mon offre. Un néant absolu. Sartrien. Il faut croire qu’un véhicule thermique en parfait état, aussi puissant, racé et élégant soit-il n’intéresse personne. Tout au contraire de son équivalent électrique comme j’ai pu le constater hier. Alors que je marquais l’arrêt au croisement des rues Réaumur et Saint-Martin, non sans jeter un coup d’œil sur le musée des Arts et Métiers que je chéris tant, un passant interrompit ma rêverie. S’excusant poliment, il s’enquit des qualités de mon destrier silencieux, m’indiquant qu’il formulait cette requête car il envisageait d’en acheter un identique. Quoiqu’un peu pressé, je lui répondais obligeamment et déroulais les nombreux atouts de cette machine. Un panégyrique que je concluais en ajoutant que j’envisageais de vendre ce bijou, histoire de tester sa réaction. Et je ne fus pas déçu car mon interlocuteur s’enflamma – attitude courante par les temps qui chauffent – avant de s’enquérir des conditions. Je calmais illico ses ardeurs en lui précisant qu’il ne s’agissait que d’une hypothèse. Et puis de toute façon, nous n’allions pas conclure sur le trottoir en plein cagnard. Aussi échangeâmes-nous nos cartes en nous promettant mutuellement de nous informer. Ce que nous ne ferons probablement pas. Une fois le thermomètre redescendu à des niveaux acceptables, ce garçon reprendra sans doute ses esprits et passera à autre chose. Quant à moi qui passe mon temps à aller à des lancements de livres signés par des amis, je me demande si je ne vais pas me lancer à mon tour dans l’écriture. J’envisage « L’art du non-deal », comme titre. Dans l’ambiance générale, j’ai bon espoir qu’il suscite un certain intérêt. En tout cas plus que mes petites annonces.
PS : Comme tous les ans à la même époque, je migre la semaine prochaine vers Cannes et ses Lions d’où je publierai des éditos tous les jours sur The Media Leader. On se retrouve ici à mon retour.
