Surtout, ne pas s’énerver. Rester calme et zen. Comme Sophie Adenot que j’ai entendu parler ce matin, depuis la Station spatiale internationale où elle réside depuis quelques mois. Elle disait son émerveillement répété tous les matins à la vue du clair de terre lorsqu’elle ouvrait les volets. Ce qui m’a permis d’apprendre deux choses. La première est qu’il y a des matins dans un vaisseau qui fait le tour de la terre 16 fois par jour. Et que celui-ci est équipé de volets, ce qui constitue le deuxième enseignement. Je suppose qu’il ne s’agit pas de persiennes en bois, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer notre spationaute nationale pousser comme je le fais chaque matin, des ventaux très écaillés pour les faire pivoter sur des gonds en manque de graisse. Il est vrai qu’à l’image de la femme en orbite, ce rituel participe à ma sérénité. Or j’en ai grandement besoin, comme suggéré en introduction. Les habitants de la région parisienne – et les autres – peuvent deviner la raison de ce courroux contrariant. Ce sont évidemment les débordements – pour reprendre le terme aussi consacré qu’inapproprié — consécutifs à la victoire de l’équipe parisienne de football portant le nom de la sous-préfecture des Yvelines voisine de ma commune, au terme d’une rencontre disputée en Hongrie. Ce qui m’irrite le plus dans cette lamentable affaire, au-delà de l’insondable crétinerie de ses auteurs, c’est la réaction qu’elle provoque en moi, et peut-être en vous. Je préfère ne pas vous partager la colère que ces scènes de violences et de pillages qui se répètent à l’occasion de chaque événement similaire suscitent en mon fors intérieur. Car c’est le propre de l’humanité que de savoir – et de pouvoir – maîtriser ses pulsions, condition fondamentale de la vie en société. Je parle ici de l’immense majorité d’entre nous et non des commettants de ces actes qui ont dans la plupart des cas prémédités leurs forfaits – qu’ils nieront avoir commis devant la justice. Les vidéos de ce triste théâtre semblent se répéter à l’infini, poussées par des algorithmes gourmands de tels contenus. Et tout cela ne fait que donner des arguments à ceux qui rêvent de pouvoir fort et pour qui la démocratie n’est que le marchepied de leurs ambitions. Bon, voilà que je grandiloque, précisément ce que je voulais éviter. Je vais aller dans le jardin, profiter de la fraîcheur revenue. Ça, on ne peut pas le faire sur l’ISS.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.