Ils grossissaient à très haute vitesse dans mon rétroviseur. Dans un premier temps j’ai pensé qu’il s’agissait d’une bande de motards qui s’offraient un dernier run avant la rentrée. Cependant, en apercevant les clignotants bleus j’ai compris qu’ils appartenaient aux forces de l’ordre et que leur course folle était destinée à rattraper un véhicule ayant potentiellement commis une infraction. Aussitôt une bulle de culpabilité gonfla dans ma tête mais avant même qu’elle ait eu le temps de se développer, les deux missiles sur roues m’avaient dépassé avant de ralentir pour encadrer une autre voiture et la conduire vers la sortie la plus proche. Aucune idée bien sûr de la raison de cette interpellation. Et pourtant, malgré la rapidité de la scène qui avait dû durer moins d’une minute, cet incident m’est resté en tête pendant la suite de mon voyage. Le temps instillant une certaine forme de sagesse y compris dans les esprits les plus bornés, je suis devenu plutôt respectueux du Code de la route et notamment des vitesses qu’il impose. Mais la distraction ne s’arrangeant pas avec l’âge, il est toujours possible de commettre involontairement un impair. Ce pour quoi je me suis félicité de ne pas avoir emprunté le boulevard périphérique à l’endroit où, la semaine dernière, un radar se déclenchant à une vitesse plus basse que d’habitude avait été installé. Situé dans une zone de travaux, l’appareil était semble-t-il mal ou pas annoncé, provoquant une avalanche de flashs et par conséquent la colère des automobilistes concernés. Une affaire qui a pris une telle ampleur sur les réseaux sociaux et dans les médias qu’il a été prestement annoncé que l’engin serait désactivé et les amendes annulées. Un acte de contrition d’autant plus remarquable qu’il est fort rare que les autorités – routières ou non – reconnaissent leurs erreurs. Un peu comme le personnel politique qui n’avoue jamais s’être trompé. Sauf si cela peut rapporter des voix, à l’image de ces candidats qui changent d’avis sur les questions sociétales au gré les courant électoraux. Ou du vent dans les voiles. Allons donc, voilà que je m’égare autant que je m’énerve alors que la semaine ne fait que commencer sous un beau ciel bleu. Dont la météo nous avertit qu’il pourrait virer au brun par l’est. Mais comme chacun le constate, cette science des prévisions est au moins aussi incertaine que celle des sondages d’opinion. Mais je me trompe peut-être.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.