Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Sacrilège matinal

Je n’aurais jamais cru que l’on puisse en arriver là. Mais au risque de perdre des lecteurs il m’est impossible de me tenir coi face à ce scandale. Nous en avons vu pourtant, ces dernières années des affaires sordides liées à des comportements inadmissibles trop longtemps passés sous silence. Mais cette fois-ci, toutes les bornes sont dépassées, que dis-je abattues. Il n’y a plus de limites et bien sûr les médias n’en parlent pas. Enfin si, un. Un journal courageux qui n’hésite jamais à mettre les pieds dans le plat depuis deux siècles et demi. L’authentique, et non sa version parodique à la phonétique bouleversée, c’est dire la fiabilité de la source. Or donc, ce noble organe révèle que le secrétaire à la Santé des États Unis d’Amérique, neveu d’un président tragiquement disparu, était adepte de pratiques hautement condamnables. On le savait héroïnomane, atteint de troubles cognitifs dus notamment à une intoxication au mercure et à d’autres pathologies que je préfère ne pas détailler tellement elles sont dégoûtantes (si le cœur vous en dit voyez vous-même ici). Mais tout cela n’est rien à côté de cette ultime perversion. Ce monsieur consomme – et je ne mets pas de conditionnel à dessein autant qu’à regret – de la choucroute au petit déjeuner. Selon sa propre femme, « tous les matins à 6 h 30 », cet être sans scrupule se livre à une orgie de choux fermentés cuits dans du vin blanc. Aucune précision n’est donnée sur la nature de l’accompagnement, mais là n’est pas le problème. Celui-ci se concentre sur les émanations olfactives de ce plat (dont vous aurez peut-être compris que je ne l’aime pas), dont la malheureuse victime précise qu’il « est tellement rigoureux dans son régime qu’il apporte sa choucroute au restaurant ». Au moins ces jours-là peut-elle agréablement prendre son breakfast sans se boucher le nez. Tel n’est évidemment pas le cas des voisins de table du ministre qui seraient fondés à exiger un remboursement, voire plus dans ce pays si fervent de procès juteux. Pas gagné, l’individu en question a une formation d’avocat et non de médecin comme on pourrait s’en douter. Il est d’ailleurs possible que cette atteinte au plus sacré des repas explique au moins en partie sa politique sanitaire aussi rétrograde que mortifère. À ce propos, je ne sais s’il y a des citoyens américains à bord du MV « Hondius » frappé par une épidémie de hantavirus. Si tel est le cas, pourvu que leur ministre n’ajoute pas à leur calvaire des recettes de son cru. Ils seraient capables pour y échapper, de demander à être débarqué à Ormuz.