Ça se termine toujours bien. Certes, au vu et à la lecture de l’actualité, autant que des commentaires qui en sont faits, on peut concevoir qu’il soit possible d’en douter. Mais vous savez ma passion pour le final des blockbusters américains dont la structure scénaristique est identique quel que soit le thème. Du fond des âges au futur le plus lointain, la situation est toujours hautement compromise jusqu’à ce que dans les derniers instants, un deus ex machina adapté aux circonstances permette au héros de retourner la situation à son avantage. Illico, et alors qu’il ne reste plus que quelques secondes avant le générique final, le méchant suprême et ses hordes nocives sont renvoyés sans ménagement dans quelques limbes. D’où ils ne manqueront pas de ressortir au prochain épisode. Entre les menaces naturelles qui pèsent sur notre pauvre terre surchauffée, asséchée et empoisonnée et la perspective de voir l’intelligence artificielle en finir avec notre humanité, j’ai un peu l’impression que nous en sommes au dernier quart d’heure. Pourtant le paysage bucolique que j’aperçois de ma fenêtre, le joyeux babillage bilingue de mon dernier descendant en date ou encore l’harmonie qui enchante mes oreilles alors que j’écris ces lignes, sont autant de signes qui m’empêchent d’admettre l’inéluctabilité de cette issue. D’autant que j’ai à faire d’ici-là et que cela m’arrangerait que l’Armageddon soit reporté à date ultérieure. Vous n’êtes pas sans savoir – enfin peut-être que si, auquel cas vous l’êtes désormais – que la chronique dominicale que je tenais pour le compte de The Media Leader s’est arrêtée au mois de juin dernier. Nulle fatigue de mon côté ou acrimonie de celui de mon ex-employeur dans cette décision, juste l’une de ses inflexions éditoriales qui font la vie des médias. Pour ma part, cette interruption involontaire de publication m’a laissé un goût d’inachevé. À certains d’entre vous aussi, m’a-t-on gentiment fait remarquer. Aussi, écoutant mon devoir autant que mon désir, j’ai décidé de reprendre le fil de cette conversation hebdomadaire. Le rendez-vous aura lieu sur une plateforme dédiée à ce type de newsletter dont les coordonnées vous seront transmises d’ici peu par divers canaux, dont celui que vous avez présentement sous les yeux. Sur ce, je vous laisse. Le temps presse pour finaliser ce modeste dessein avant la fin du monde. Et de la semaine.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.