Je me demande quand même si je ne suis pas un peu dyslexique. Les lecteurs avisés pourront à juste titre me faire remarquer qu’il est temps de s’en inquiéter à mon âge avancé. Il n’en demeure pas moins que je me demande si je ne devrais pas passer un test cognitif – ou de démence sénile — quand je lis : « Sac perdu ou trouvé ? Gardez l’argent ! » au lieu de « Prévenez un agent ! » sur les messages bienveillants que la RATP affiche un peu partout sur son réseau. Et ce n’est pas mieux avec le dessin représentant un bagage à main sur lequel est écrit, « Je monte avec, je descends avec ». Je ne peux empêcher mon cerveau malade de remplacer le premier adverbe par « sans ». C’est idiot mais totalement irrépressible. Mais le plus grave est que ce travers ne se limite pas à ces innocents quoique déplorables détournements de slogans. Ainsi ai-je été récemment saisi d’un trouble en confondant le nom d’un homme mis en cause dans une affaire criminelle hautement médiatisée avec un candidat déclaré à la présidentielle avec lequel il partage ses initiales et une vague consonance. Vous risquez d’avoir du mal à deviner la nature de ma confusion, le patronyme du suspect ayant été anonymisé depuis sa mise en examen. Quant aux aspirants à la magistrature suprême, il s’en déclare un nouveau tous les matins ou presque. Selon mon assistant intelligent, ils sont aujourd’hui onze, dont trois femmes, à avoir annoncé publiquement leur intention de briguer l’Élysée. Toutefois, et pour une fois, je prends en défaut cette machine qui est peut-être intelligente mais pas si bien informée que cela car elle ne décompte pas le dernier en date, lequel est présentement maire de la commune de Saint-Ouen. Admettons que ce soit un simple oubli et non l’une de ces hallucinations auxquelles ces programmes se laissent aller. Une erreur d’autant plus acceptable qu’ils sont au total une bonne trentaine (difficile d’être plus précis) à s’y voir, ce qui est tout à fait déconcertant. Quelle peut être en effet la motivation à se trouver dans une situation, où, dès le lendemain de la victoire, la majorité de ceux qui vous ont choisis se rallie à ceux qui ne l’ont pas fait pour vous détester de concert. Il faut être vraiment fou pour rêver d’une telle destinée. Je suis peut-être à côté de la plaque mais il me semble qu’il y a déjà suffisamment de dingues aux manettes sur cette planète. Pas la peine d’en rajouter.

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Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.