J’aime les roses. Désolé de ne pas prendre plus d’élégantes circonvolutions pour décrire ce sentiment, des tas d’autres gens l’ont merveilleusement fait depuis longtemps. Et puis je ne suis pas très doué pour la poésie. D’autant que pour être précis, ce sont plus les rosiers que les fleurs qu’ils portent qui me séduisent et ce pour des raisons très pragmatiques. Ce sont à peu près les seuls arbres d’ornement qui survivent dans mon jardin. Je les ai plantés il y a de nombreuses années et contre toute attente et en dépit d’une attention à éclipse, non seulement ils sont encore sur pied, mais ils fleurissent et refleurissent chaque année avec une vigueur toujours plus grande. Il est vrai qu’ils sont aidés par la présence d’une bouche d’évacuation de vapeur qui leur permet de passer l’hiver au chaud. Mais avant même qu’ils ne soient ainsi dopés, ces arbustes faisaient preuve d’une santé aussi insolente qu’inexplicable au regard de l’environnement dans lequel ils poussent. Le tout sans OGM, me permettrai-je de préciser afin de rassurer les plus inquiets. Je ne suis pourtant pas ennemi du progrès et j’ai d’ailleurs été récemment interpellé par une information sur la future station spatiale qui succédera à l’ISS. Contrairement à cette dernière, Haven-1 est le fruit d’une initiative privée. C’est une start-up américaine baptisée Vast qui est à l’origine du projet dont un astronaute français, Arnaud Prost, sera l’un des premiers habitants l’année prochaine. Outre son financement, la particularité de ce refuge spatial – merci de noter la subtile traduction – est son aménagement. Il est l’œuvre d’un ancien d’Apple – pas le même que celui de la Ferrari électrique – qui a conçu un cocon cosy tout de lattes de bois et de lumière douce, percé d’un vaste hublot donnant sur le vide sidéral. On dirait un chalet suédois – ou un sauna – dont l’esthétique épurée tranche avec le foutoir de câbles et d’outils de la station étatique. C’est si beau et apaisant que certains soupçonnent ce lieu de n’être qu’un Airbnb orbital. Accusations vertement réfutées par les initiateurs du projet qui en veulent pour preuve la présence d’un « laboratoire de pointe » destiné à des recherches sur la microgravité. Et d’ajouter qu’il sera utilisé pour faire pousser des roses en apesanteur pour « faire croître des plantes d’une façon plus efficace » et « plus durable ». Pas la peine d’aller si loin, il suffisait de me demander.

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Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.