Je les ai tous reconnus. C’est simple, je pourrais passer un test cognitif avec autant de succès qu’un président des États-Unis d’Amérique. Sauf que là, c’était beaucoup plus facile et surtout plus agréable puisqu’il s’agissait de fêter les quatre premières décennies de CB News. Pourtant je reconnais avoir hésité avant de me décider à assister à cette soirée. Non bien sûr que je ne sois pas heureux et fier que ce journal franchisse ce cap mais je n’aime pas particulièrement les anniversaires de médias et cela n’a rien à voir – pour une fois – avec mon âge. L’autocélébration, le retour sur le glorieux passé et tous ces marronniers de circonstance m’ont toujours indisposé en tant que lecteur et rebuté comme directeur. Il y a dix ans, j’avais d’ailleurs volontairement réduit l’ampleur des festivités qui m’avaient été fortement suggérées par le service commercial. Cela n’avait pas été ma meilleure idée puisque ceux qui n’avaient pas reçu d’invitation, et ils étaient nombreux, me l’avaient légitimement reproché. Erreur que n’a pas reproduite ma successeuse, Fouzia Kamal. Et c’est ainsi qu’alors que je pensais n’y faire qu’un saut, je me suis incrusté bien plus longtemps que prévu pour renouer des fils distendus par le temps. Nous nous sommes mutuellement félicités de ne pas avoir changé à l’exception de quelques cheveux plus clairs pour ceux qui en ont encore. Cependant, nous avons moins évoqué le passé que parlé du présent. Et nous nous sommes évidemment promis de nous revoir dans le futur sans attendre que celui qui nous a fait connaître ne célèbre son demi-siècle. Certaines et certains pourtant n’étaient pas là. Je ne parle pas des anciens qui n’ont pu se joindre à la fête pour quelques raisons que ce soit, mais de ceux qui ne viendront plus. Et pourtant, ils n’étaient pas absents tant ces disparus sont revenus dans les conversations. À commencer par le premier d’entre eux, celui sans qui nous n’aurions pas été là. Et même si nous n’étions qu’au Stade Jean Bouin, à quelques encâblures du Parc des Princes qu’il vénérait, je suis certain qu’il nous a regardés avec bienveillance. Car, de génération en génération, d’une équipe à l’autre, nous avons continué ce qu’il avait commencé en cet automne 1986. Salut Christian !

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.