Voilà le genre de nouvelle que je ne peux m’empêcher de partager tant elle me réjouit. Et comme vous le savez, ce n’est pas si courant. Or donc, la Terre a tourné plus vite au cours de la dernière décennie. Oh ce n’est pas fulgurant et probablement pas de nature à aggraver les bouleversements climatiques et encore moins les expliquer. Mais c’est quand même troublant. C’est sur le site du journal Le Monde, entre les guerres et les manifs, que ce titre m’a interpellé : « Mesure du temps : la seconde intercalaire, liée au ralentissement de la rotation de la Terre, est abandonnée ». Diantre ! Impossible de rester indifférent. Aussi me suis-je plongé dans la lecture de cet article dont je vous résume la teneur, autant que j’ai pu la saisir. Ne me remerciez pas et essayez plutôt de vous concentrer car c’est un peu ardu. L’idée de rajouter du temps au temps était venue pour faire coïncider les deux systèmes qui servent à le mesurer. L’un s’appuie sur la rotation de la Terre, l’autre sur les oscillations de l’atome de césium 133. Ne m’en demandez pas plus, je risquerais d’être aussi confus qu’un président américain. Le problème est que ces deux procédés n’aboutissent pas au même résultat puisque notre planète ne tourne pas à une vitesse régulière, ayant généralement tendance à ralentir. D’où l’idée d’injecter ici et là quelques secondes, histoire de remettre toutes les pendules à l’heure. Cependant, depuis la dernière intervention temporelle, le 31 décembre 2016, notre planète a appuyé sur le champignon sans que l’article ne s’attarde sur la raison de cet emballement. Regain d’énergie, envie d’en finir ou tempête spatiale ? Quelle qu’en soit la raison, ce changement de rythme a perturbé les membres de la Conférence générale des poids et mesures. Cette docte assemblée qui s’occupe du dossier depuis 1875 a donc choisi de cesser de jouer avec les secondes. On ne peut que louer la sagesse de ces gardiens des horloges tant nous n’avons pas besoin de perturbations supplémentaires, nous qui, des toilettes des lycées aux retournements des alliances géopolitiques, marchons déjà sur la tête. Et puisqu’il est question de temps, j’en profite pour vous informer qu’à l’instar d’un certain nombre d’entre vous, je vais prendre le mien la semaine prochaine. Souhaitons-nous qu’il soit bon.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.