Dans le répertoire de mon smartphone, il y a 1 214 entrées. C’est beaucoup. Mais je ne vous annonce pas ce chiffre pour vanter ma popularité ou mettre en avant mon entregent. D’autant qu’à ce nombre impressionnant, il faut retrancher les coordonnées de la société de dépannage de deux roues, de la banque, des médecins et autres services utiles. Il y a aussi quelques précieux codes secrets, dissimulés ici et là, mais chut, je ne peux en dire plus. Pour le reste, outre la famille et les amis, cette liste est majoritairement constituée de toutes les personnes avec qui j’ai échangé pour des raisons professionnelles. Parmi celles-ci, Il y a une très grande partie d’entre vous, mais aussi un membre de la Chambre des lords, d’anciens ou actuels ministres, de petits et grands patrons, un multiple Champion du monde de Formule 1 (qui n’a jamais répondu à mes messages) et quelques célébrités présentes ou passées du même acabit. En réalité, ce catalogue est d’une certaine manière, le résumé de ma carrière. Car pour nous les journalistes, la principale richesse, celle pour laquelle on nous recrute, est ce carnet d’adresses. Il n’est qu’à me souvenir de mon désespoir le jour lointain où j’ai perdu mon cahier surchargé de mentions, me laissant aussi désemparé que si je m’étais retrouvé nu au milieu de la rue. Raison pour laquelle, plusieurs décennies plus tard, cet acquis d’une vie de labeur est sauvegardé sous diverses formes physiques et virtuelles. J’en ai pourtant beaucoup moins l’usage qu’auparavant mais cette accumulation m’est précieuse bien qu’elle ne soit pas aussi considérable qu’à première vue. Après tout, un millier de contacts en 40 ans de métier, ce n’est pas un exploit et je suis sûr que nombre de mes confrères et sœurs sont bien plus riches que moi en la matière. Mais je m’en contente. Ce qui n’est pas vraiment le cas du nombre d’abonnés à ma nouvelle newsletter du dimanche : vingt-cinq. Je ne m’attendais pas à un tsunami, mais quand même. Certes ce n’est qu’un début et les lendemains chanteront sans doute, mais je n’ai pas quarante années devant moi. Aussi aurai-je besoin de toi, ma chère audience, pour parvenir au modeste objectif que je me suis fixé. Compter le même nombre de lecteurs que de noms dans mon téléphone. Histoire de ne pas me retrouver complètement à poil sur la toile.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.