Vous n’allez pas me dénoncer, n’est-ce pas ? Je sais que j’ai commis une erreur mais je ne voulais de mal à personne Au contraire. Ces fleurs qui s’étiolaient, ces plantes dont les feuilles séchaient m’ont fait basculer du mauvais côté de la loi. Je leur ai donné de l’eau. Un peu, mais c’est déjà trop. Certes, je pourrais prétendre que j’ai agi ainsi non seulement par compassion mais par souci d’équité. Car l’un de mes arbustes, récemment planté, échappe aux restrictions préfectorales en vigueur. Pouvais-je l’arroser lui et laisser ses voisins crever ? Je n’en ai pas eu le cœur. Et tant pis si un inspecteur des Eaux et Forêts lit ces lignes, qu’il n’écoute que son devoir. Je me rendrai sans résistance. Quant à trahir le voisinage, que l’on n’y compte guère, ce n’est pas ma culture. D’ailleurs, je ne me défendrai pas et accepterai ma peine. Bien qu’ayant comme je l’ai déjà maintes fois évoqué, poursuivi des études de droit sans jamais les rattraper, je ne suis pas très fan des rubriques justice dans les journaux. Les affaires médiatiques ne me laissent pas indifférent mais je les regarde de loin, particulièrement quand elles concernent des personnalités politiques. Car il faudrait inventer un mot ou une expression pour qualifier leur discours en ces lieux. Ce n’est plus de la langue de bois mais un sommet de mauvaise foi, un monument du mensonge. Je suis ainsi tombé par hasard sur un article relatant le procès fait à une ancienne ministre de la Justice – entre autres — soupçonnée de corruption au cours duquel la mise en cause utilise toutes les ficelles, y compris les plus absurdes ou les plus contradictoires, pour sa défense. Cette capacité à retourner tous les arguments à charge à son profit me stupéfie, moi qui me sens fautif avant même qu’on m’ait accusé de quoi que ce soit. Je devrais m’en inspirer pour transformer mes échecs relatifs en flamboyantes réussites. Ainsi pourrais-je qualifier de formidable succès, l’augmentation de 36 % de l’audience de ma newsletter dominicale. Eh oui, en seulement quelques heures, le chiffre a bondi de 25 à 34 abonnés marquant une avancée significative, sinon déterminante, vers l’objectif du millier. Lequel est bien modeste au regard des 15 000 personnes qui consultaient la version précédente éditée par The Media Leader. Ah, il ne fallait pas le dire ? Je plaide coupable.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.