Ce matin j’ai mis un pull. Mais si, vous savez ces vêtements en laine que l’on enfile pour se protéger du froid. C’est que je devais sortir aux aurores – enfin juste après — pour me rendre à un petit déjeuner professionnel et qu’à l’heure d’enfourcher ma moto le thermomètre affichait 15 petits degrés. Frisquet donc. Mais pas désagréable. Ne serait-ce que de se souvenir que l’on peut frissonner, voire éternuer en sortant de chez soi. Je me rendais à l’invitation de The Media Leader, la lettre pour laquelle j’ai écrit pendant quelques années des éditos dominicaux. Ce rendez-vous était donc l’occasion de retrouver quelques-uns de mes lecteurs, dont certains m’ont fait part de leur regret de ne plus lire mes divagations hebdomadaires. Compliments indirects dont je les remerciais non sans ajouter que leurs dimanches risquaient à nouveau d’être troublés dans les semaines qui viennent. Je n’en dis pas plus, non par soucis d’entretenir un suspense plus inutile qu’insupportable, mais parce que je travaille (mais si) encore sur les différentes options. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant lorsque la situation se sera décantée. En attendant et pour faire diversion, j’orientais les échanges sur d’autres sujets. Ainsi ai-je eu une discussion éclairante avec l’un des convives qui, ayant longtemps vécu aux États-Unis, en a ramené une Harley Davidson. Une machine immatriculée outre-Atlantique ce qui est très chic mais n’est pas sans poser quelques problèmes légaux. Aussi a-t-il entrepris d’obtenir une carte grise française. « Et là, m’a-t-il avoué, j’ai découvert un enfer ». Car une telle homologation implique moult modifications portant aussi bien sur les émissions de substances nocives que sur de petits détails relatifs à l’éclairage ou à la forme des rétroviseurs. Un parcours que je n’étais pas loin de qualifier de kafkaïen. Puis je me suis souvenu d’un article lu récemment annonçant que l’administration américaine allait assouplir les normes antipollution et de consommation. Au-delà de la négation du changement climatique, l’objectif de cette décision est de faire baisser le prix d’achat des automobiles sans se préoccuper du fait que leur utilisation serait plus onéreuse, particulièrement en ces temps de hausse du prix de l’essence. Un raisonnement plus proche d’Orwell que de Kafka. Ni plus risible, ni plus rassurant. Mais à ce point dans l’air du temps qu’il pourrait être homologué sans adaptation dans le programme de certains de nos nombreux candidats.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.