Je suis canadien. Je conçois que cette déclaration puisse surprendre ceux qui savent que j’ai déjà des aïeux haïtiens, roumains, hongrois et possiblement d’autres contrées de la région. Cependant je m’empresse de préciser que cette affirmation n’est pas due à la découverte, à la suite d’un test généalogique personnel, d’ancêtres s’étant égaré un temps dans les neiges de la Nouvelle France. Il s’agit simplement d’une déclaration métonymique comparable au Je suis Charlie qui nous rassembla un temps face à la barbarie. Je suis canadien donc, et j’aimerais beaucoup que nous le fussions tous. Non pour nous élever contre le terrorisme aveugle mais pour faire face à la bêtise abyssale. Car ce pays, agressé économiquement par son grand voisin du sud, refuse de se laisser faire. Je m’explique à l’intention de ceux dont la tête est encore à la plage. Alors que les négociations sur un accord commercial étaient sur le point d’aboutir, elles ont été brutalement interrompues par Ottawa qui a jugé inacceptables les exigences de dernière minute formulées par la partie adverse. Geste auquel le président américain a répliqué par l’annonce immédiate de lourdes sanctions douanières selon sa déplorable habitude. Sauf que cette fois-ci, dans un discours remarqué, le Premier ministre Mark Carney a signifié clairement la fin de la partie en indiquant que son pays répliquerait dollar pour dollar à ces sanctions. J’arrête ici la narration de cette affaire dont vous trouverez les détails dans vos médias habituels mais pas en « Une », ce que je trouve regrettable. Loin de moi l’intention de critiquer mes augustes confrères, mais il me semble que cette manifestation particulièrement courageuse mériterait plus d’attention de notre côté de l’Atlantique. Il est vrai que ma sensibilité à ce sujet est exacerbée par la présence à la maison de mon très cher et plus ancien ami qui vit au Québec depuis fort longtemps. Autant dire que le sujet occupe nos conversations au moins autant que la Formule 1 qui nous passionne depuis que nous organisions des courses de petites voitures dans le salon de nos parents. Nous étions enfants et si nous avons gardé une partie de notre âme de l’époque, nous avons grandi depuis. Ce qui n’est pas le cas du personnage qui perturbe le monde depuis deux ans avec ses colères et foucades infantiles. Lesquelles ne devraient appeler que des répliques fermes et sans appel. Comme le faisaient nos parents à l’époque de nos culottes courtes.

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Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.