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Botanique politique

Faut-il taxer les superprofits des fleuristes ? Ou permettre à Total d’ouvrir le 1er mai ? Oui, je suis un peu confus ce matin. Mais non, ce n’est pas le surmenage et mon sommeil est très bon, merci. Rien de préoccupant donc, en tout cas moins que l’actualité. Juste une légère distraction probablement due à ce printemps estival qui me vide quelque peu la tête. Tenez, j’étais même prêt à écrire un texte pour demain, alors qu’il ne sera que temps de quérir du muguet. Ou de défiler pour fêter le travail. En ce qui me concerne, je n’irai pas battre le pavé – je l’ai fait maintes fois il y a longtemps sans que mes illusions se soient concrétisées – car j’ai des projets plus terre à terre pour ce week-end. Je m’apprête en effet à procéder à un remplacement. Pas le grand, celui qui effraie tant les limités du bulbe. Un petit, expérimental et végétal. Car je suis désespéré par un coin de mon jardin dans lequel l’herbe refuse de s’implanter. J’ai plus d’une fois fait état de mon incompétence en ce domaine mais il se trouve que ce spectacle désolant s’offre à ma vue dès que je lève les yeux de l’écran sur lequel ce texte est écrit. D’où une préoccupation teintée d’une certaine perplexité. Nous avons en effet employé tous les moyens, allant jusqu’à remplacer la terre, soupçonnant qu’elle ait pu être polluée par quelques désherbants chimiques répandus par un jardinier inconscient. Une dernière tentative à l’automne dernier nous avait laissé un espoir, avant que, les beaux jours venus, les brins ne jaunissent laissant un paysage désolant. Aussi face à cette impasse avons-nous décidé de planter du trèfle en lieu et place du gazon. Une décision difficile, cette plante étant généralement classée parmi les mauvaises, le risque qu’elle se disperse à l’entour est loin d’être négligeable. Cependant, considérant que l’ensemble du terrain est déjà largement apprécié par les adventices, un tel ajout ne modifiera pas profondément l’écosystème local. Mais surtout, avec un peu de chance – et de pluie – il est possible que ce carré maudit retrouve une couleur verte beaucoup plus agréable que le marronnasse mortifère. Et puis après tout, on n’a jamais essayé. C’est ce que disent les idiots à propos d’autre chose. Mais la botanique n’est pas la politique.