Je suis nul en pape. Je conçois qu’un tel aveu soit surprenant de la part d’un type qui prétendait briguer le poste il y a encore peu. Mais je peux l’avouer maintenant, je n’y croyais pas plus sérieusement que la plupart des quidams plus ou moins connus qui s’annoncent candidat à la course présidentielle. Au moins n’avais-je pas tenté d’organiser une primaire, prétendu à un temps de parole ou tenter de lever des fonds. Je m’étais contenté, pour ceux qui s’en souviennent (pour les autres c’est ici) d’un ou deux textes dans lesquels j’évoquais ma proposition de Grand Prix de Formule 1 au Vatican. J’y repensais hier soir alors que j’étais coincé sur une place de l’Étoile qui n’aurait pas déparé dans un film de Jacques Tati tant elle était figée. Ce n’est qu’après m’y être engagé et avoir constaté que même ma petite moto ne pouvait s’y faufiler que je comprenais que ce blocage était dû à l’arrivée imminente de l’éminence. Là n’est pourtant pas la raison de mon aveu introductif. C’est en écoutant un évêque interviewé ce matin à la radio que j’ai pris conscience de mon ignorance abyssale sur l’actuel souverain pontife dont j’ai même du mal à me souvenir du nom. Instinctivement, et sans que je puisse expliquer pourquoi, c’est celui de son prédécesseur qui me vient à l’esprit. Pourtant le prélat interrogé soulignait à quel point Léon, puisque c’est son nom, avait une personnalité fort différente de François. L’un était aussi sanguin que l’actuel est posé, expliquait-il à ma grande surprise tant j’ignorais que l’on pouvait occuper ce poste en étant « parfois prompte à s’emporter », selon la définition de cet adjectif trouvée dans le dictionnaire. Au moins notre visiteur du week-end n’aura-t-il pas l’occasion de monter dans les tours, si je puis m’exprimer ainsi. Il n’en aurait d’ailleurs aucune raison. Il ne subira pas les embouteillages parisiens (dont j’ai appris incidemment qu’ils avaient diminué à la grande satisfaction de la mairie et à mon étonnement tout aussi grand), pas plus que la hausse du prix de l’énergie. Je ne sais pas à quoi carbure la Papamobile, mais je ne doute pas que l’accueil en grande pompe de son illustre occupant soit suffisant pour lui éviter les files d’attente. Aucun risque de panne d’essence. Divine, bien sûr.

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Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.