Je suis piqué ! Oh oui ! Et pas qu’un peu, sachez-le. Car j’ai été défié et, qu’on se le dise, je ne suis pas de ceux qui se défilent. Enfin si parfois, mais pas dans ce cas. Mais trêve de balivernes, voici l’affaire. À peine le texte d’hier mis en ligne, le commentaire suivant était posté : « Défi : Trouver quotidiennement un exemple de profonde idiotie à commenter qui ne soit PAS relié à l’imbécile et fou furieux brillamment élu par ses non moins brillants concitoyens ». Il aurait été bien sûr facile de répondre par une subtile pirouette pour clore le débat si le signataire n’avait pas été mon frère. Pas biologique mais de cœur. Je le connais depuis que je sais reconnaître quelqu’un et nous avons tout partagé et tout vécu depuis. Et si nous sommes aujourd’hui séparés par un océan, la distance n’a rien changé dans notre relation. C’est dire que je ne pouvais ignorer cette remarque que j’accepte et comprends d’autant mieux que mon ami habite dans le voisinage immédiat de celui dont il ne faut plus parler. Sauf que maintenant que les règles sont établies, il faut les respecter et c’est là que le problème commence. Car si je ne peux m’empêcher d’évoquer ce que je ne dois pas, ce n’est pas par perversité mais parce que ce sujet est omniprésent jusque dans les détails les plus quotidiens de nos vies. Mais je n’en dirais pas plus de peur d’être pris en défaut. Bien sûr, ce ne sont pas les sujets qui manquent, mais tel un navigateur aux prises avec un courant marin, le risque d’être rabattu vers des rives infréquentables est loin d’être négligeable. Aussi ai-je envisagé une solution facile que j’ai trouvée par hasard dans mon courrier électronique. Il s’agit d’un communiqué de presse titré : « Et si la vraie richesse des créateurs naissait enfin de la rareté ? » En voilà une bonne question. Elle est posée par une plateforme de publication de contenu qui, explique le texte, « propose une autre lecture de la monétisation » fondée sur l’adage : « moins de volume, plus de valeur ». Et de démontrer la pertinence de ce raisonnement plein de bon sens par l’exemple de Manon « devenue millionnaire en moins d’un an ». Ça fait rêver. Je ne connais pas cette personne, j’ignore qui elle est supposée influencer et à quel propos, mais je l’envie. Moins elle publie, plus elle est riche. Ce qui expliquerait pourquoi je ne le suis pas. C’est tentant. D’autant qu’avec tout cet argent, elle peut vivre agréablement sous le soleil d’un émirat. Mais j’en resterai là. De peur de perdre mon pari.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.