Ces sacrés capricornes sont assez capricieux. Mais ne voyez dans cette phrase aucune allusion à un thème astral ou à l’astrologie en général. Je n’ai nulle inclination pour cette fausse science qui prétend déterminer les caractères humains en s’appuyant sur une représentation du cosmos en deux dimensions. Mais je m’égare et m’emballe sans doute inutilement, sachant la haute qualité intellectuelle de l’audience. Quoi qu’il en soit, mon entrée en matière concerne les insectes ainsi nommés. Et encore pas tous. Uniquement les grands. Nous laisserons donc de côté ce matin les cérambycidés de maison dont la nocivité pour les charpentes est pourtant avérée. Celui qui nous intéresse – enfin vous, je ne sais pas, mais moi oui – est donc le capricorne dit « ravageur de vieux chênes ». Un animal dont la taille peut atteindre les six centimètres, ce qui en fait le plus gros de sa catégorie sous nos latitudes, et dont l’apparence est assez proche de la créature qui a fait le succès de la saga Alien. En dépit de ce portrait peu flatteur, il est totalement inoffensif pour l’homme mais pas pour les chênes et quelques autres espèces. « Fort bien » maugréez-vous en votre fors intérieur, « mais où cette leçon d’entomologie nous mène-t-elle ? » A mon jardin sur lequel pousse un chêne justement. Oh, il n’est pas bien ancien, comparé à certains de ses voisins, mais il dépasse quand même le toit de la maison. Et puis on l’a toujours vu ici ce qui en fait un élément important du décor. Mais plus pour longtemps, le pauvre, car il est – ceux qui sont encore là l’auront compris – victime du fameux xylophage qui y pond ses larves après y avoir creusé galeries et chambres pour sa progéniture. L’autorisation de l’abattre nous a été délivrée cette semaine par les autorités compétentes après le constat de son triste état. Car oui, il faut demander la permission. De même qu’il est interdit de s’en prendre à son prédateur, classé parmi les espèces protégées, il n’est pas possible dans ma verte commune, d’abattre un chêne sans le demander au préalable. Après des années à assister impuissant à son dépérissement, ce noble arbre sera à terre d’ici quelques jours. Et malheureusement pour lui et pour ceux qui l’aimaient, il n’y aura pas de lieutenant Ripley pour le sauver.

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Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.