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Nausée australe

Vous pourriez arrêter s’il vous plaît ? Parce que cela devient vraiment lassant. Au commencement, les détournements de planches de Tintin étaient assez – voire très – drôles. Mais la répétition ad nauseam de ce procédé s’accompagne d’une dégradation de la qualité des gags dont la finesse initiale s’efface au profit d’une trivialité pénible. Ce n’est certes pas la première fois que des mèmes envahissent l’espace numérique mais cet épisode me semble encore plus long que les couvertures d’albums de Martine et autres Starter Pack. Le résultat sans doute des progrès de l’intelligence artificielle. Mais ce n’est pas une raison pour la fustiger car ce n’est pas elle qui est en cause mais ceux qui s’en servent paresseusement. Un peu de créativité que diantre ! Cessons de se contenter de copier sur le voisin. Inspirons-nous de la nature. Prenez par exemple la dernière maladie à la une. Elle n’a rien à voir avec l’épidémie précédente, comme nous l’assurent les autorités médicales. La preuve, contrairement au Covid dont le point de départ reste un mystère oriental, le patient Zéro du hanta virus a été identifié en un rien de temps. Il s’agit d’un ornithologue néerlandais qui au terme d’un voyage en Amérique du Sud, s’en est allé visiter la ville d’Ushuaia. Mais ce monsieur ne s’était pas aventuré si loin de l’équateur pour visiter le Museo del Fin del Mundo, qui fait la fierté de la capitale de la province de Terre de Feu, pas plus que pour admirer la statue de Nicolas Hulot qui n’a pas encore été érigée. Non, accompagné de madame, également spécialiste des volatiles et désormais identifiée comme patiente Un, il se serait rendu sur un site lui permettant d’observer un caracara à gorge blanche. Il s’agit d’un spécimen fort rare vivant en Patagonie, et dont l’un des spots préféré est la décharge publique d’Ushuaia. C’est en ce lieu, semble-t-il connu des amateurs, que le malheureux aurait été infecté au contact de rats pygmées à longue queue avec les funestes conséquences que nous connaissons. L’information, rapportée par le New York Post, est contestée par les autorités locales avec la même virulence que celles de Wuhan à propos des pangolins de son marché. Quoi qu’il en soit, les autorités sanitaires de tous les pays du monde – sauf un, devinez lequel – prennent l’affaire au sérieux. Cette fois-ci toutes les précautions sont prises. Au point que l’on ne puisse exclure que la présentation du passeport sanitaire ainsi que le port d’un masque FFP2 deviennent obligatoires lors de toute visite à la déchetterie.