Permettez-moi, avant d’en arriver au sujet du jour, de formuler des excuses. En premier lieu pour avoir confondu dans mon texte d’hier Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, dont j’avais par ailleurs écorché le nom, avec Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. C’est bien cette dernière que j’avais entendu proclamer sa foi dans la mobilité électrique pour s’immuniser contre les soubresauts des prix à la pompe. Ce rectificatif apporté *, j’en viens à la deuxième raison d’essayer de me faire pardonner. Car ce matin, je ne suis pas à prendre avec des pincettes. Or je sais que vous attendez de ces lignes un instant de détente, à défaut d’une élévation spirituelle – que je serais bien en peine de vous fournir, mais c’est un autre sujet. Oui mais voilà, je suis à bout. De patience, de tolérance ou de nerf, comme vous voulez. Je ne peux plus supporter ce type qui nous pourrit la vie en commençant des guerres sans les déclarer et surtout sans la moindre idée de leur finalité. Et qui reproche à ses alliés de refuser de réparer les dégâts qu’il a lui-même provoqués. Il n’y a certes et malheureusement, rien de nouveau dans ce comportement. Mais quand dans un accès de colère à peine digne d’un enfant de six ans, il se permet de s’en prendre à la vie privée de l’un de ses alliés sur la base d’une vidéo discutable, j’en viens à désespérer. Car celui qui se permet de se moquer ainsi d’un chef d’État, est le même dont l’actuelle épouse n’a même pas pris la peine d’assister à son investiture et qui a fait inhumer l’une des précédentes dans l’un de ses terrains de golf. Précisons que s’il a agi ainsi, ce n’est pas pour pousser sa baballe auprès de sa défunte douce mais pour de basses raisons fiscales. Pourtant je me contrefiche de sa vie conjugale comme de celle de notre président. Mais comment ne pas être affligé par le niveau abyssal auquel sont rendues les relations diplomatiques, si on peut encore les appeler ainsi ? D’autant qu’il me semble que cet énervement planétaire se répand un peu partout. Nous l’avons vu pendant la campagne municipale et encore hier à l’Assemblée nationale quand un patron de société de production est sorti de ses gonds devant la commission sur l’audiovisuel public. Un emportement probablement légitime compte tenu des accusations douteuses dont il fait l’objet, mais qui reflète surtout l’ambiance du moment. Face à la colère qui me semble être, avec le pétrole, la valeur la plus en hausse du moment, je ne sais que faire pour éviter d’être pris d’un fou rire. De ceux qui vous saisissent quand rien ne va plus.
* Inutile de vérifier dans le texte incriminé, la confusion a été prestement corrigée après qu’un fidèle et précieux lecteur me l’a signalée.
