C’est un animateur de télévision oublié. En tout cas de moi qui ne suis pas une référence en la matière. Je connais sa tête mais impossible de me souvenir quelle émission l’a rendu – relativement — célèbre. Je l’ai revu dans l’un de ces clips que les chaînes de télévision diffusent sur les réseaux sociaux pour faire la promotion de leurs programmes. Habituellement mon attention glisse sur ce type de contenus mais cette fois-ci, un mot dans le sous-titrage m’a interpellé : acouphènes. L’illustre inconnu expliquait en souffrir au point d’avoir oublié depuis longtemps ce qu’était le silence, et pour mieux appuyer son propos, expliquait avoir ressenti ce manque lors d’une expédition au pôle Nord, environnement exceptionnellement calme à l’en croire. La vidéo s’arrêtait sur ces considérations, probablement en vue d’inciter l’internaute de passage à cliquer pour connaître la suite. Ce que je n’ai pas fait. Non par opposition à cette pratique mais par manque d’intérêt. Étant moi-même sujet à ces sifflements intracrâniens (C’est joli non ? Le mot, pas le son), je ne ressentais nul besoin d’en savoir plus sur cette expérience menée par une personnalité médiatique dans un environnement extrême. Cela fait bien longtemps que je vis avec ces bruits et, aussi peu agréables soient-ils, j’ai fini par m’y habituer. D’ailleurs, ce qui m’inquiète ces derniers jours est moins mon oreille interne que mon horloge intérieure. Car je passe mon temps à me tromper de jour dans mes rendez-vous. J’ai ainsi narré à mes lecteurs du dimanche (dont vous êtes peut-être, sinon c’est ici), la grande confusion qui la semaine dernière m’a fait rater une rencontre professionnelle à laquelle j’avais prévu de consacrer mon édito dominical. Eh bien cela a encore failli m’arriver hier. À la différence que cette fois-ci, je me serais rendu à un événement avec un jour d’avance, ce qui est certes moins grave que le contraire, mais quand même contrariant. Il est vrai qu’un peu comme pour mon audition, ce genre de confusion n’est pas une totale nouveauté. J’ai souvent au cours de ma carrière, confondu des dates, des adresses et même des personnes avec qui j’avais rendez-vous. Mais j’avais alors l’excuse d’être débordé, ce qui serait tout à fait indécent de prétendre aujourd’hui. Certes, je travaille un peu le matin pour vous servir, mais il n’y a pas là de quoi parler de surmenage. Même si je me suis aperçu ce matin, que le texte que vous avez sous les yeux est le 404ème depuis le 27 février 2024. Sauf erreur ou omission de ma part.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.