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Quête de couette

Ouf, je ne suis pas seul ! Depuis quelque temps, je me demandais pourquoi je dormais aussi peu. Eh bien, j’ai trouvé la réponse ce matin dans un article au titre aussi limpide qu’implacable : « Le temps de sommeil ne cesse de reculer en France ». Attention l’info vient d’un journal de référence qui cite sa source, l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV). Car oui, il y en a un, et il veille sur notre repos depuis vingt-cinq ans, selon son propre site. En d’autres temps, j’aurais bien postulé comme cobaye, si j’avais connu son existence. Ça aurait pu être une vocation. Enfant, je me projetais comme essayeur au Lit National dont la boutique est toujours présente place du Trocadéro, en face du musée de l’Homme, ce qui ne peut pas être un hasard. Oui mais voilà, à l’image de mes compatriotes, je me lève de plus en plus tôt après un sommeil qui doit approcher la moyenne de 6 h 50, selon le rapport du fameux organisme (dont je ne peux m’empêcher de me demander si son dirigeant est appelé le Grand Somnolent). Les raisons de cette dégradation sont multiples, mais elles sont caractérisées, toujours selon ma sérieuse source, par la perturbation de notre horloge circadienne. Car nous en avons tous une, quelque part dans notre tête et non, ce n’est pas une comtoise mais une série de gènes située dans l’hypothalamus. Désolé, je ne peux pas être plus précis mais sachez que si cette toquante déconne, c’est la faute de notre société qui est « chronobiologiquement toxique », selon un chercheur interrogé. Cependant, et bien que j’apprécie ce genre de mots qui me font regretter de ne plus jouer au Scrabble, je ne peux me satisfaire de cette explication. Car je mentirais en prétendant que ce sont les rythmes scolaires, le stress du travail ou le bruit ambiant qui perturbent ma relation avec Morphée. Même la sonnerie de la belle – et capricieuse elle aussi — horloge installée au rez-de-chaussée ne parvient pas à mes oreilles. Sans prétentions scientifiques, je crains que le raccourcissement de mon assoupissement nocturne soit principalement dû au temps qui passe. Autrement dit à l’âge dont je ne peux que constater les effets sur la chronologie de mes nuits. Quant aux angoisses que suscite notre monde en péril, elles se matérialisent plutôt après le réveil, à l’écoute de la radio. Quand il faut résister à la tentation de remettre la tête sous la couette.