Je ne sais pas vous, mais je ne l’ai pas trouvé si déprimant, ce lundi. Je n’ai d’ailleurs appris qu’hier soir que je venais de passer un Blue Monday, opération commerciale qui me semble assez peu convaincante. Mais vous en ayant déjà entretenu dans les mêmes termes il y a un an jour pour jour, je vous propose de passer à autre chose. À la Boreal Week qui vient de commencer, à en croire une information parue ce matin. Une tempête solaire d’une intensité exceptionnelle s’apprête en effet à déclencher des vents géomagnétiques d’une intensité tout aussi inaccoutumée. Ce qui aura pour plaisante conséquence l’apparition d’aurores boréales, y compris dans des régions quasi australes, ce qui n’est guère courant, indique la même source. Il se pourrait ainsi que le ciel de l’Alabama qui se trouve beaucoup plus loin de l’Alaska que l’ordre alphabétique ne le laisse supposer, s’enflamme d’une symphonie de couleurs (pardon, je m’emballe). Il n’est pas précisé si nous risquons de voir de telles palettes sur la tour Eiffel, mais j’en doute un peu. Car dans cette éventualité, nul doute qu’une alerte violette ou indigo aurait alors été émise par les autorités compétentes. En effet, les particules éjectées par l’astre solaire ne sont pas seulement les pigments de tableaux célestes (ça ne s’arrange pas), mais également des éléments perturbateurs de certains de nos précieux systèmes vitaux. On risque ainsi de subir des dégradations des communications à haute fréquence, mais aussi des perturbations pour les satellites sans oublier les surcharges sur le réseau électrique avec les conséquences dramatiques que ces avanies peuvent engendrer. Ce n’est certes pas l’apocalypse mais pas loin. Car nul doute que face à la beauté pure de ces éclats colorés venus des confins (oui bon), vous sortiriez votre fidèle smartphone pour en capturer la magie. Jusque-là, tout irait bien. Mais comment faire pour poster ces nymphéas cosmiques sur Instagram si le réseau ne répond plus ? À quoi bon s’ébaubir si l’on ne peut partager son émoi instantanément ? Après tout, pour une fois que l’on voit un spectacle jusqu’à présent réservé aux habitants des contrées les plus septentrionales de notre planète, on pourrait quand même en profiter pleinement non ? À se demander s’il ne faudrait pas envoyer un corps expéditionnaire de touristes armés d’appareils photo occuper une partie du Danemark. Un enjeu de sécurité boréale.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.