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Sans spoiler

Il m’est arrivé une chose incroyable hier. Mais je ne peux pas vous dire quoi. Ne vous en offusquez pas. C’est pour vous que je prends ces précautions. Non, je ne suis pas impliqué dans des discussions visant à réconcilier des puissances belligérantes. L’affaire est heureusement plus triviale. Voici. Pour terminer le dimanche, nous avions décidé familialement de regarder « Une bataille après l’autre » sur notre plateforme de VOD habituelle. Il faut vous rappeler qu’il m’arrive très rarement de visionner l’intégralité d’un long métrage à la télévision, particulièrement quand il a été produit aux USA. Je me contente, comme je l’ai maintes fois expliqué, du dernier quart d’heure qui suffit généralement à saisir l’intégralité de l’intrigue et dont le seul enjeu est de savoir comment le méchant va mourir. Dans le cas qui nous intéresse, le succès planétaire de cette œuvre m’avait incité à en voir plus, notamment pour comprendre ce qui lui avait valu une pluie de récompenses. Ma curiosité était d’autant plus aiguisée que je n’avais lu aucune critique et que je n’avais par conséquent pas la moindre idée du scénario. Laquelle est particulièrement trépidante, assez bien tricotée et relativement originale. Je ne vous la raconte pas car il y a de fortes chances que vous fassiez partie des milliers de spectateurs qui sont allés le voir en salle. Pour les autres, sachez que le qualificatif de long métrage est particulièrement approprié pour cette histoire qui prend près de trois heures avant d’en arriver à sa conclusion. Or c’est précisément à cet instant que l’improbable incident avec lequel je vous ai appâté s’est produit. Car dans une scène cruciale à l’approche du dénouement, l’écran est subitement passé au noir, suspendant brutalement l’action. Dans ce cas le cerveau continue à fonctionner un peu comme lorsque Coyote lancé à la poursuite de Bip Bip se retrouve soudain au-dessus du vide. Ma première réaction a donc été de trouver que cette fin, pour abrupte soit-elle, était une vraie rupture par rapport aux standards du genre. Cependant l’apparition de la roue de chargement a mis fin à ces élucubrations, indiquant qu’il ne s’agissait pas d’un choix scénaristique audacieux mais d’un problème technique. Apparemment fatal, à en lire le message d’erreur. Étrange retournement : pour une fois que je veux voir un film en entier, je suis privé de la fin. Cependant, tel un héros hollywoodien ordinaire, je refuse d’en rester là et quelques instants plus tard, ayant troqué l’écran de la télé pour celui du PC, je peux enfin connaître la véritable issue de cette aventure. Dont, comme indiqué plus haut, je ne vous dirai rien de crainte d’être accusé de spoiler. Tout au plus me bornerai-je à estimer que la chute ne m’a pas beaucoup plus surpris que celle des négociations du week-end. Mais, ça, c’est une autre histoire. Sans fin prévisible.