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Centralisme électrique

C’est une expression qui s’est imposée dans mon esprit ce matin. Brouillard de guerre. Elle a été inventée au XIXème siècle par le général prussien Carl von Clausewitz, dont je n’ai jamais lu une ligne. Mais je l’avais découverte dans un documentaire sur Robert S. McNamara, ancien secrétaire à la Défense sous les présidences de Kennedy et de Johnson et largement responsable de la guerre du Vietnam. À la lecture de ces lignes, vous pourriez croire que je réagis aux dernières foucades de l’actuel occupant de cette Maison Blanche qu’il s’acharne à défigurer en même temps que le reste du monde. Détrompez-vous. Au moins en partie. La brume dans laquelle j’évolue a pour cause principale la soirée d’hier. Non que j’aie veillé pour écouter un énième discours incohérent mais en raison d’un dîner chez des amis qui s’est prolongé fort tard. Avec pour conséquence un léger décalage dans l’exécution des préparatifs matinaux qui m’a conduit à allumer la radio à l’heure de l’interview politique dont j’ai déjà dit mon profond désintérêt. Quand malgré tout je me trouve face à ce mur de langue de bois, je me console en essayant de deviner qui est celui ou celle qui passe sur le gril. C’est généralement assez facile mais aujourd’hui, j’ai eu plus de difficultés pour identifier celle qui appelait à une « massification urgente de l’électrification ». Mon premier réflexe fut de penser qu’il s’agissait d’une néo léniniste. Une hypothèse certes farfelue mais qui peut s’expliquer par le fait que les seules rencontres politiques auxquelles j’ai assisté dans ma vie étaient celles du Parti communiste français. J’étais lycéen et l’un de mes condisciples en était un membre particulièrement zélé. Étant le fils de parents qui s’étaient connus au PCF avant de le quitter de concert, j’étais curieux de voir ce qui les avait rapprochés. Les deux réunions de cellule auxquelles j’ai assisté ne m’ont pas éclairé sur ce sujet mais elles m’ont définitivement vacciné contre toute tentation d’adhérer. Nous étions à la fin des années 70 et ce parti était encore aussi centralisé – et non démocratique comme il le prétendait – qu’à l’époque où Vladimir Ilitch Oulianov proclamait que le communisme c’était « le pouvoir des soviets plus l’électrification du pays ». D’où ma confusion. Car ce qu’appelait de ses vœux celle que j’ai fini par identifier comme étant Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale, c’était l’abandon du pétrole pour faire circuler les automobiles. Le meilleur moyen, selon elle, d’en finir avec les récriminations de plus en plus véhémentes des diverses catégories socio professionnelles contre la hausse des prix à la pompe. Face au risque de résurgence de gilets jaunes, elle s’accrochait à cette idée comme à une bouée de sauvetage. À croire qu’elle était Eloniniste.