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Bon anonyme

Vous l’avouerai-je ? Allez oui. J’étais tout stressé ce matin. Comme un jour de rentrée alors même que ma situation me permet d’envisager de rester à l’abri de la bise et autres perturbations glaciales. Ce qui m’agitait n’était pas la peur de la page aussi blanche que la neige à venir. Tout au contraire, c’était l’excitation de vous retrouver. C’est que cela m’a manqué de vous écrire pendant tout ce temps au cours duquel on a changé d’année. Mais permettez-moi avant de vous souhaiter le meilleur pour l’avenir, de vous narrer une histoire des temps passés. Elle prend place à la fin de l’an de grâce 2025. Son dernier mois était bien avancé lorsque je trouvais enfin le cadeau idoine pour mon épouse. La parfaite paire de chaussures qui siérait à ses pieds après avoir été à ceux du sapin. Sans hésitation aucune, je commandais et aussitôt un mail m’informait que mon achat me serait promptement livré. L’esprit libéré, je surveillais distraitement mon courrier dans l’attente du message salvateur. Lequel ne manqua pas d’arriver le jour prévu m’informant du passage imminent d’un coursier. Qui ne vint point. Mon adresse étant difficile à trouver, ce type d’incident n’est pas rare. Qu’à cela ne tienne il sera-là demain, me dis-je. Et ce matin-là en effet, je fus réveillé par un coup de fil qui s’avéra plus déstabilisant que rassurant. Car mon correspondant m’informa sans plus de précaution en dépit de l’heure matinale que « mon adresse n’existait pas ». Choqué par la brutalité de cette révélation, je protestais et expliquais comment me trouver quand on me cherche. Ce qui fut probablement mal compris puisque le présent n’arriva que le 26 décembre. Un délai dû en partie au blizzard numérique s’étant abattu sur les services postaux pendant les fêtes. Aucune importance puisque, tel dans un conte, tout finissait bien. Je n’en avais cependant pas fini avec mes problèmes d’identité. Car voilà qu’au matin du jour de l’an, j’envoyais quelques vœux par SMS. Rien que de très banal si ce n’est qu’il me fut retourné des réponses polies mais prudentes dans lesquelles on me demandait de m’identifier. Ma fiche avait semble-t-il disparu du répertoire de mes amis et seul mon 06 apparaissait sous mon message, le rendant aussi suspect que celui d’un vendeur de panneaux solaires ou de formation professionnelle. Ainsi effarouché, je suspendais illico ma campagne de vœux de crainte d’être assimilé à un escroc de haut vol et de finir à la barre d’un tribunal new-yorkais comme un vulgaire chef d’État. Aussi profitais-je de ce premier texte de l’année pour vous la souhaiter aussi bonne que possible, pleine de bonheurs et de réussites. Et sans anonymat.