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Ascète et match

Alors ? Ce Black Friday ? Bien ? Vous avez fait des affaires ? Profité des aubaines ? Je vous en félicite. Et vous envie. Car j’ai été d’une sagesse exemplaire. Pas de paire de chaussures, pas de casque de moto, de guitare ou de t-shirt rigolo. Rien. Une ascèse relative, certes. Je ne prétends pas être le Diogène de la banlieue ouest, mais j’ai quand même résisté aux assauts incessants des annonceurs sur tous les canaux. Cependant alors que je pensais être tiré d’affaire, mon inflexible volonté a failli me trahir face à une offre de jeu vidéo. Me connectant innocemment sur ma plateforme habituelle pour y jouer une partie, je fis malencontreusement un détour par la boutique. Un clic en amenant un autre, me voilà face à une offre alléchante pour un jeu qui se déroule dans une zone radioactive peuplée de mutants peu avenants. Une aventure qui continue celle d’un jeu créé par un studio ukrainien il y a une quinzaine d’années. J’ignorais que cette suite était sortie et j’ai d’ailleurs appris à l’occasion qu’elle avait été non seulement retardée par la guerre mais aussi par le fait qu’une grande partie des joueurs venaient du pays agresseur et que leur départ avait quelque peu affecté les finances de la société. Ce jeu au réalisme bluffant et à l’ambiance glaçante m’avait fichu une pétoche mémorable. J’ai pourtant assez longuement considéré cette offre avant que la sagesse ne l’emporte. Après tout, cette histoire avait des chances d’être encore plus flippante que la première et, même soldée, elle était encore trop chère au regard des cauchemars qu’elle me promettait. Je passais donc à autre chose et tentais pour la nième fois d’avancer dans une partie sur laquelle je bute depuis des mois.  C’est un petit soft sympa dans lequel on se met dans la peau d’un reporter pour photographier des aliens ayant envahi une ville. Il suffit de s’en approcher, de les shooter et de s’en aller. Simple ? Oui mais pas pour moi qui n’ai jamais réussi à survivre plus de deux minutes avant que le monstre ne me bouffe. Ce qui me donne l’occasion de faire une importante mise au point. Bien qu’ayant découvert l’activité vidéoludique dès sa préhistoire dans les années 70, j’ai toujours été un joueur médiocre. Depuis Pong dans lequel les raquettes étaient de simples rectangles blancs qui permettaient d’envoyer un point de la même couleur jusqu’aux plus sophistiquées des simulations automobiles actuelles, je perds avec la même constance. Et je recommence avec l’égal espoir que je finirai bien un jour par triompher. Je conçois que l’on puisse penser que c’est assez puéril et que je ferais mieux de consacrer mon temps – et mon argent – à des activités plus productives. Certes. Mais que l’on ne se méprenne pas : ce n’est pas parce que l’on perd souvent qu’il faut capituler. Tout au contraire.