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Ancien sourire

Avertissement : afin de préserver la santé mentale de ses lecteurs, ce texte ne comporte pas d’éléments allergisants en provenance d’outre-Atlantique. Ne me remerciez pas, je me soucie de votre bien-être psychologique à l’approche du week-end. Après tout, il va flotter sur la moitié du pays pendant trois jours, ce n’est pas la peine d’en rajouter. Certes, ça pourrait être pire, il pourrait y avoir une tempête de froid comme dans certaines parties du monde, mais non, nous n’en parlerons pas. Mais de quoi alors ? Je vous aurais bien entretenu des Jeux Olympiques d’hiver dont j’apprends à l’instant qu’ils commencent aujourd’hui mais étant donné mes faibles compétences en ce domaine et mon amour des plus modérés pour les disciplines qui s’y déroulent, il ne vaut mieux pas. Impossible également d’aborder l’épineux cas d’un ancien ministre de la Culture dont le carnet d’adresses est si long qu’il lui vaut bien des soucis, le sujet nous emmènerait très précisément là où ne nous voulons pas aller. Cela ne m’empêche pas toutefois d’évoquer cette anecdote à propos de ce grand homme – physiquement parlant — que j’eus l’occasion d’interviewer. Il était alors au sommet de sa carrière et des sphères du pouvoir et j’avais obtenu le numéro de son téléphone de voiture. Oui, seuls les riches et puissants pouvaient alors communiquer en déplacement. Ce n’était pas facile de les joindre, mais on pouvait y arriver avec persévérance, patience et un peu de chance. Or donc, après quelques essais j’entrais en communication avec son chauffeur qui m’informait que son important patron était déjà pris sur une autre ligne et me mit par conséquent ainsi en attente. C’était la première – et la seule — fois que je fus en relation avec un standard téléphonique automobile. Quant à la nature de nos échanges, je n’en ai aucun souvenir, mais je peux vous garantir qu’il n’était pas question d’ami américain. Aïe ! J’y reviens. C’est quand même terrible cette pression. Elle nous rend dingues et à ce rythme on ne va pas faire de vieux os. En tout cas pas aussi vieux que la carapace de Jonathan. J’ai appris l’existence de cette tortue par inadvertance dans l’une de ces vidéos divertissantes qui pullulent sur les réseaux. Et si elle faisait l’objet d’un sujet, c’est qu’elle vit sur l’île de Saint Hélène depuis 1882, ce qui en ferait l’animal terrestre le plus vieux du monde. Elle n’a pas connu Napoléon mais cela n’a pas l’air de l’affecter, à voir son air que mon anthropomorphisme ne peut s’empêcher de qualifier de souriant. Comme le serait un être dans l’ignorance parfaite de ce monde fou. Heureux.