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L’art du like

Il y a une question que je me pose depuis longtemps. Oui bon, peut-être un peu plus d’une, mais celle-ci vous concerne parce que c’est vous qui avez la réponse. La voici : est-ce que les gens qui saluent d’un petit cœur la publication quotidienne sur Instagram de l’illustration des Daily Texts apprécient seulement l’image ou aiment-ils également l’écrit qui s’y rattache ? Je reconnais qu’il ne s’agit pas vraiment d’une interrogation fondamentale, mais elle me chatouille les méninges chaque jour ouvrable. D’ailleurs, la vitesse à laquelle certain(e)s réagissent à mes posts me laisse supposer que c’est plutôt l’aspect graphique qui les séduit, à moins qu’ils ne soient adeptes d’une méthode de lecture hypersonique. Mais si j’ai décidé de vous entreprendre de ce sujet ce matin, c’est qu’il m’est revenu à l’esprit hier tandis que je visitais la Maison européenne de la photographie. C’est un très joli lieu qui se trouve à la lisière du Marais et où je me suis rendu à l’invitation d’une agence de publicité qui y présentait une étude sur les grandes tendances de la communication pour 2026. J’aime bien écouter de temps à autre ces conférences dont j’ai la sensation qu’elles me permettent de ne pas trop m’éloigner des courants de notre monde, à défaut de les comprendre. Dans le torrent d’anglicismes qui s’est déversé sur l’assistance pour décrire les « trends » et autres « topics » de l’époque, j’ai réussi à retenir que l’imperfection était de plus en plus prisée par les créateurs de contenus. Si j’ai bien compris, il s’agit d’une réaction à l’inhumanité de l’intelligence artificielle. Celle-ci n’est pourtant pas exempte d’approximation sans même parler des hallucinations. Quoi qu’il en soit, il semble que les personnalités en vogue sur les réseaux sont celles qui montrent les détails qui détonnent. Ce qui ouvre un vaste champ de possibles à ceux qui sont loin d’être parfaits, et nous sommes nombreux. Mais cela ne fait pas de nous des artistes. Après la conférence, l’assistance était invitée à visiter l’exposition de Dana Lixenberg, une photographe néerlandaise installée aux États-Unis de longue date et dont l’œuvre est majoritairement constituée de portraits de gens ordinaires. Des clichés saisis au plus près avec une chambre, méthode qui produit des images dont les détails et le grain font ressortir une émotion perceptible à travers les petits défauts des visages. Toute la différence entre l’art et l’influence.