Je suis vraiment désolé mais je ne vais pas avoir le temps. Pardon aux autres, mais je m’adresse à l’anonyme correspondant qui m’a envoyé hier un SMS à partir d’un 07 suspect pour m’inviter à prendre un café. Dans le cas improbable où cette mystérieuse personne serait l’un de mes lecteurs – ou l’une de mes lectrices – qu’elle sache que si je n’ai pas répondu directement, que j’ai effacé son message et que je l’ai signalé, il n’y a rien de personnel. Simplement, j’ai une semaine de dingue. Pas un déjeuner qui ne soit pris, pas une soirée libre. Ou presque. Pour un type qui s’est éloigné des lumières et des fracas de la ville pour y observer un jeûne médiatique, je reconnais qu’il y a là un hiatus difficilement explicable. Disons qu’il s’agit du contrecoup des fêtes de fin d’année et des vœux y afférant qui se répercutent en invitations de toutes natures, lesquelles, par un hasard du calendrier, se concentrent cette semaine. Et comme je suis un garçon fidèle, je m’oblige à répondre favorablement à ces sollicitations. Cet intense affairement n’est pas sans conséquences sur mes activités quotidiennes dont le rythme est fortement perturbé. Ainsi, bien que repoussant le moment du coucher, je me dois de m’installer à ma table d’écriture aux mâtines afin de vous livrer mes textes avant de repartir me restaurer dans la capitale. Quant à la séance de musique vespérale, elle se trouve avancée et raccourcie de manière à me laisser le temps de me préparer aux agapes nocturnes. Oh, je ne me plains pas, je sais que nombre d’entre vous vivent à ce rythme d’enfer toute l’année. J’ai pu le vérifier hier soir alors que j’assistais à une manifestation professionnelle organisée par mes amis de The Media Leader. Un événement qui se tenait dans une spectaculaire salle de music-hall des Champs Elysées pleine à craquer de gens tellement occupés que je n’ai osé leur avouer mes tourments de retraité vaguement surbooké. À ce propos, je crains de ne pouvoir trouver un moment pour aller voir le film consacré à l’ancienne occupante de l’aile Est de la Maison Blanche. Il s’agit d’un documentaire « autorisé », sobrement appelé « Melania », qui sort en salle en Grande Bretagne cette semaine. Or il semble que les performances de fréquentation soient discutables. Ainsi, selon The Guardian, « un seul billet a été vendu pour la première séance » dans l’un des grands cinémas de Londres. Et les autres ne font pas beaucoup mieux. Ce qu’on appelle un accueil glacial.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.