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Effets indésirables

Il est fort possible que ce qui suit soit mal interprété mais je l’affirme sans autre détour : je suis un excellent supporter de moi-même. Mais ne vous méprenez pas. J’ai en effet compris récemment que ces personnes qui soutiennent inconditionnellement leur équipe en sont les critiques les plus exigeants. Ce sont les comptes rendus de la compétition footballistique qui se déroule en Afrique qui m’ont ouvert les yeux. En dépit du fait qu’il y a peu de choses qui m’intéressent moins que cet événement, je vois s’intercaler en permanence des informations sur ce sujet dans le fil de mes réseaux. Dans la plupart des cas, il s’agit de gens qui se plaignent des joueurs, des entraîneurs ou des deux en des termes particulièrement fleuris. Au point que je me suis demandé ce week-end s’il arrivait qu’ils soient contents. La réponse est probablement positive et correspond aux victoires arrachées contre des adversaires encore plus critiquables pour la simple raison qu’ils le sont, des adversaires. Eh bien, je me comporte exactement de la même manière avec moi-même. Pas une journée, que dis-je, une heure qui ne se passe sans que je m’afflige de tel ou tel de mes actes, de la maladresse de mes membres, inférieurs et supérieurs, sans oublier mon intellect qui m’égare, oublie ou confond tout et n’importe quoi. Et pourtant, à l’image de l’un de ces hurluberlus grimés des pieds à la tête hurlant leur joie d’avoir vu leur équipe marquer, je me suis sérieusement congratulé ce week-end. Non pas des progrès en langage de mon joyeux petit-fils – je n’y suis pas plus pour quelque chose qu’un spectateur d’un but – mais parce que l’un des grands de ce monde s’est intéressé à ma petite personne. J’ai en effet eu la plaisante surprise de constater qu’un « PDG/président » d’une grande entreprise du CAC 40 (dont je préfère taire le nom par délicatesse) avait consulté mon profil sur LinkedIn. Il m’est malheureusement impossible d’en savoir plus à moins de passer au statut premium ce que je n’envisage pas, n’ayant toujours pas saisi quel en était l’intérêt. Pas plus que je ne comprends quelle motivation a pu pousser un personnage aussi important et vraisemblablement très occupé, à consulter mon curriculum vitæ. Il est vrai que nous étions un dimanche après-midi, période propice au désœuvrement postprandial. La lecture d’un Daily Text a peut-être des effets somnolents indésirables. Je vais devoir ajouter une mention obligatoire : « Ne pas lire avant de conduire ». Ou de présider un conseil d’administration.