Ce n’est pas parce que c’est le dernier texte de l’année – comme ça, c’est dit – que c’est une raison pour ne pas vous apprendre quelque chose. Après tout, c’est la saison des bilans. Contrairement aux diverses plateformes musicales, ludiques et autres qui détaillent depuis quelques jours les artistes, morceaux et autres jeux vidéo que j’ai consommés sur le site cette année, je suis incapable de vous fournir des statistiques sur le nombre de mots idiots que vous avez lu dans cette newsletter ou sur la quantité d’informations inutiles qui vous a été infligée. Aussi vous en offrirais-je une dernière pour me faire pardonner. Cela faisait longtemps que je m’interrogeais et il a fallu que l’intelligence artificielle arrive enfin pour que je sache d’où vient l’expression « faire le P ». D’après mon expert, le bien nommé Perplexity, l’expression est à rapprocher de « pet » ou de « pétard » ou encore de « bruit/danger ». Le tout avec l’idée d’alerte : « il y a du pet » donc il y a du danger. Et ce perplexe assistant d’ajouter que « la lettre P pourrait aussi renvoyer à « police » ou à une abréviation d’argot ». Rien à voir donc avec le prout comme certains esprits mal embouchés auraient pu le supputer. Me voilà donc rassuré. Autant que vous êtes affligés. J’ai pourtant fait cette recherche pour la bonne cause. Ayant observé ce matin le manège des oiseaux autour des mangeoires suspendues ici et là dans mon jardin, j’ai constaté qu’une fois de plus, les perruches se comportaient comme des voyou.e.s. Ces beaux volatiles verts se baladent toujours en bande et ont tendance à terroriser les autres espèces, particulièrement lorsqu’il y a de la nourriture. Pendant que l’une se goinfre, les autres font donc ce qu’il est convenu d’appeler le pet. De sorte que nulle mésange ou autre espèce ne s’approche tant que ce gang n’a pas terminé son festin. Le tout sous l’œil du parrain des piafs, un noir corbeau qui se contente des miettes tombées des bacs. J’aime observer ces saynètes dont j’invente intérieurement des dialogues. C’est d’ailleurs la véritable raison de l’installation de ces divers points de ravitaillement. Une attitude assez égoïste au fond puisque ce qui m’anime est moins le souci de nourrir que celui de profiter du spectacle. Mais comme les acteurs semblent se satisfaire de la mise en scène et que le public apprécie, ce serait dommage de s’en priver. Pas question pour autant de le partager sur les réseaux, faute de consentement des intéressés qui font le P. Comme privé.

Written by
Frédéric Roy
Ancien directeur de la rédaction de CB News disposant de beaucoup de temps après avoir longtemps couru derrière. J'écris tous les jours pour mon plaisir et, autant que possible, pour le vôtre.