Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Sans faute

Devant une telle flagornerie, j’ai cru un instant à une fake news conçue avec l’IA. C’était pourtant bien George Clooney, le mec le plus classe du monde, qui clamait son amour inconditionnel de la France. Pas seulement de la gastronomie ou du vin mais de tout : du système scolaire, des TGV, de la santé et j’en passe. On aurait dit une pub d’Atout France, l’agence qui est chargée de faire rayonner notre beau pays dans le monde. Et pourtant c’était bien le docteur Doug Ross, Danny Ocean ou l’astronaute de Gravity dont je ne connais pas le nom, qui répondait aux questions d’une radio d’info. Il devait être en tournée de promo car il me semble l’avoir vu tous les jours ou presque ces derniers temps. Je sais donc qu’il habite en Provence ou dans les environs et que naturellement, il s’y sent très bien. Et il n’est pas le seul. Samedi dernier, j’ai ainsi fait la connaissance d’une femme également originaire des États Unis d’Amérique, qui s’est installée à Paris depuis quelques mois et pour un bout de temps. Celui qu’il faudra pour que la Maison Blanche soit libérée de son actuel locataire particulièrement indélicat. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas autant parlé anglais. L’ironie de l’histoire est que c’est elle qui aurait dû faire un effort pour parler français, mais étant donné son niveau il était nettement plus simple d’échanger dans sa langue. D’ailleurs Clooney ne disait pas autre chose, prétendant que malgré des centaines d’heures de cours (sic), il était toujours aussi nul, contrairement à ses enfants qui fréquentent notre formidable école républicaine. Il faut croire que la grammaire et les conjugaisons sont les seuls défauts que ces gens trouvent à la France qui est pour eux un havre de démocratie dans un monde où celle-ci est menacée de toute part. Puissent-ils avoir raison. Je n’ai pas fait part de mes doutes à George, parce que je ne le connais pas, ni à la femme dont j’ai fait la connaissance l’autre jour, parce que je ne voulais pas l’inquiéter. C’est qu’il faut un certain courage pour s’exiler volontairement. Partir au nom de ses idées, quitter ses proches, ses amis et ses habitudes n’est pas à la portée de tous et ce n’est pas seulement une question d’argent. Aucune leçon à donner en ce domaine. Du fond de mon jardin, j’avoue et je n’en suis pas fier, qu’il en faudrait beaucoup pour me faire partir. Et pour aller où ? Pas dans un pays qui prétend examiner tous mes posts, mails et textes avant de m’y laisser très éventuellement entrer. Autant que mes mots servent ici. Même si je ne sais pas à quoi.