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Bonheur en boîte

J’adore les encouragements. Cela vous pousse à vous dépasser, à sortir de votre zone de confort. Oui ça fait un peu cliché, mais comment ne pas se sentir porté comme je le suis depuis ce matin par ce mail qui m’annonce triomphalement que mon site « a enregistré 5 clics dans la recherche Google au cours des 28 derniers jours ». Et de me féliciter avec une sincérité dont je n’ose croire qu’elle soit artificielle pour cette « belle performance » dont il m’invite « à partager la bonne nouvelle ». Ce que je fais derechef tant je suis transporté. Je comprendrais que vous soyez un peu envieux. Mais ce serait dommage. Mieux vaut se réjouir du bonheur des autres plutôt que de le jalouser. C’est la maxime du jour et je la mets en pratique alors que l’une de mes meilleures amies vient d’arriver au Japon pour visiter ce pays. J’ai vu les premières photos qu’elle a postées et, plutôt que de la jalouser, je vais profiter par procuration de ses découvertes avant qu’elle ne me les conte de vive voix à son retour. J’ai moi-même fait un saut de puce dans ces lointaines contrées il y a une quinzaine d’années. Invité à couvrir un événement culinaire à Tokyo – aussi surprenant que cela puisse paraître aux yeux de ceux qui savent mon ignorance abyssale en la matière — je n’y ai pas passé beaucoup plus de temps que celui qu’il m’a fallu pour y aller et en revenir. Je n’ai donc eu qu’un aperçu de cette mégalopole que je connais mieux par les livres que par mes yeux. Il y a cependant quelques images qui se sont imprimées dans mon esprit. Comme ce couple en beaux habits traditionnels qui posait dans un parc impérial impeccablement tenu. De jeunes mariés, avais-je supposé, qui, au costume près, n’étaient pas si différents de ceux qui se font immortaliser au bois de Boulogne ou de Vincennes. Leur mise était cependant très impressionnante, particulièrement celle de la jeune femme qui était aussi riche et raffinée que délicatement colorée. Je n’avais osé la prendre en photo de crainte de troubler cette harmonie. Par le hasard de la vie, cette scène m’est revenue à l’esprit le jour où mon amie est partie pour l’Orient. Je passais devant la pyramide du Louvre lorsque j’avisais deux jeunes gens, tout aussi bien mis que mes Nippons d’alors, qui prenaient la pose face à un photographe. Je ne saurais dire s’ils s’étaient promis l’un à l’autre, ma seule conviction est qu’ils étaient des touristes. Et ils étaient loin d’être les seuls à être ainsi élégamment vêtus. Sachant que tous ces gens chics – ou croyant l’être – que j’ai croisés n’étaient pas des jeunes mariés, j’en ai conclu que ce devait être la mode – ou la tendance – de se faire aussi beau que le paysage devant lequel on fait un selfie. Je devrais peut-être essayer. Ne serait-ce que pour faire plaisir à mon compteur de clics.